Le Blog de l'AJC -France déménage !

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A bientôt !

Colloque Terrafemina

Samedi 12 juillet 2008, dans le cadre de la création de l’Union pour la Méditerranée, l’Association Terrafemina a invité Valérie Hoffenberg à participer au colloque « Femmes Trait d’Union de la Méditerranée », sous le Haut patronage du Président de la République Française.

Cette journée de débat organisée au Sénat a été l'occasion de traiter du rôle des femmes dans l'économie et dans la société civile, en compagnie de représentantes de tous les pays du pourtour méditerranéen.

Valérie Hoffenberg a modéré la table-ronde qui traitait de "L’engagement des femmes : Pour que la Méditerranée devienne un espace de dialogue et de projets"
Elle était accompagnée de:
  • Muriel HAÏM, France, Médecin, Présidente et Fondatrice de l’Association « Un Cœur pour la Paix »
  • Gal LOUSKY, Israël, Fondatrice d’Israeli Flying Aid
  • Aliki MOSCHIS-GAUGUET, Grèce, Présidente internationale, fondatrice du réseau « FAM » (Femmes-Art-Méditerranée), membre du Conseil consultatif de la Fondation Euro-Méditerranéenne Anna Lindh pour le Dialogue des Cultures
  • Fadia OTTE, Liban, Créatrice de bijoux, Présidente de Safe World Peace, Présidente de « la Chaîne des Amis »
  • Leila TAKLA, Egypte, membre du Conseil d'Administration de la Bibliothèque d'Alexandrie



7 interpellations dans l'enquête sur l'agression du jeune Rudy

Sept jeunes ont été interpellés mardi 8 juillet dans le cadre de l'enquête sur l'agression de Rudy, un jeune juif grièvement blessé le 21 juin lors d'affrontements dans le XIXe arrondissement de Paris, a-t-on appris de source proche du dossier. L'un deux a été remis en liberté et les six autres placés en garde à vue dans les locaux de la 2e division de police judiciaire.

AJC, Outraged over Paris Gang Attack, Prays for Recovery of Jewish Teen

Suite à la violente attaque dont a fait l'objet un jeune juif de 17 ans, samedi 21 juin, l'American Jewish Committee souhaite exprimer sa plus vive émotion et témoigne toute sa solidarité envers sa famille, que nous avons rencontré jeudi 26 juin. Nous allons voir ensemble comment lui apporter le soutien le plus utile.

Communiqué de presse de l'AJC.

June 22, 2008 – The American Jewish Committee (AJC) expressed shock and anger over a Saturday night gang attack in Paris that left Rudy Haddad, a 17-year-old French Jew, in intensive care with severe head injuries. French Jewish community leaders described the assault on the teenager, a member of the Lubavitch Beth Haya Mouchka synagogue, as one of the most brazen and violent anti-Semitic attacks on a Paris street.

“No words can adequately convey our outrage over this senseless assault, which has threatened the life of a promising young man and caused incalculable pain to the Haddad family and the wider French Jewish community,” said AJC Executive Director David A. Harris.

“In solidarity with his family and community, we pray for the full recovery of this latest innocent victim of hate," said Harris. "We welcome President Sarkozy’s condemnation of the attack and his commitment to find and prosecute the perpetrators of this unspeakable crime."

AJC has a long involvement with the Jewish community in France. The global advocacy organization maintains an office in Paris, headed by Valérie Hoffenberg.

President Sarkozy and Hamas

Le président français Nicolas Sarkozy s'en est pris aujourd'hui au mouvement palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, affirmant que la France ne discutait pas avec les "terroristes".
"Le Hamas a grand tort d'agir comme il agit. On ne crée pas la paix avec le terrorisme et on ne discute pas avec les terroristes. C'est valable pour le Hamas et pour tous ceux qui se comportent de la même façon", a-t-il dit après un entretien avec le président palestinien Mahmoud Abbas.
"Je le dis à nos amis Palestiniens: Devenez des femmes et des hommes qui comme le président Mahmoud Abbas ont un engagement politique et séparez-vous de ceux qui pensent que la violence peut résoudre les problèmes".
"Moi je n'ai pas peur de dire les choses telles je les pense, quand on se comporte comme un terroriste on est un terroriste. On ne répare pas une injustice par le terrorisme", a souligné Sarkozy, qui achevait une visite de trois jours en Israël et en Cisjordanie.

French President Nicolas Sarkozy criticized today the Palestinian movement Hamas, in office in Gaza, saying that France does not talk with "terrorists".
"Hamas is very wrong to act as it acts. One does not create peace with terrorism and we shall not discuss with terrorists. It is valid for Hamas and for all those who behave the same way", he said after a meeting with Palestinian President Mahmud Abbas.
"I say it to our Palestinian friends: Be women and men who, like President Mahmud Abbas, have a political involvement and separate yourself from those who think that violence can solve problems."
"I'm not afraid to say things as I think: when one behaves as a terrorist, one is a terrorist. One does not repair an injustice by terrorism," said Sarkozy, who was completing a tour of three days in Israel and the West Bank.

La directrice d'AJC France au diner Bush-Sarkozy

La directrice d'AJC France au diner Bush-Sarkozy.

Valérie Hoffenberg, directrice d'AJC France, a assisté au diner de travail tenu à l'Elysée, et a été présentée au Président George Bush par le Président Nicolas Sarkozy. Au cours de sa conversation avec la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, Rice a exprimé à Valérie Hoffenberg son admiration pour le travail d'AJC dans le monde. Rice était l'invitée d'honneur de la session d'ouverture de l'Annnual Meeting d'AJC au mois de mai dernier à Washington.

AJC et l'Affaire Al-Dura, France 2

L'American Jewish Committee se félicite de la proposition du Dr Richard Prasquier, président du CRIF, de demander la création d’une commission indépendante chargée d'examiner la controverse sur les allégations de prise de vues par les forces israéliennes d'un jeune garçon palestinien, Mohammed al-Dura. Les images du reportage ont été diffusées dans le monde entier par France 2, et ont déclenchées de vives protestations contre Israël. Au cours des quatre dernières années, l'American Jewish Committee s'est réuni à Paris avec de hauts dirigeants de la radiodiffusion afin de demander l’accès à toutes les bandes vidéo pertinents, et de proposer des programmes qui examinerait les carences de ce reportage de 2000.

L’AJC s’étonne et regrette les attaques infondées proférée contre notre association et la directrice d’AJC France. Ns remercions tous ceux qui ns ont apporté leur soutien en France, en Israël et aux Etats-Unis, et particulièrement le président du CRIF Richard Prasquier, pour ses lettres de soutien.

Lettre de Richard Prasquier condamnant les attaques contre Valérie Hoffenberg:

Chère Valérie,

Je vous confirme ici les termes de mon message de la semaine dernière que vous n’avez pas reçu : je me désolidarise totalement, dans le fond et dans la forme, des insultes et des attaques qui sont portées contre vous par Philippe Karsenty. Je n’ai dans cette difficile affaire qu’un seul souci, celui de connaître la vérité sur le reportage de France 2 du 30 septembre 2000. Je soutiens le travail légitime et à mon avis remarquable effectué à ce sujet par M. Karsenty depuis plusieurs années dans des conditions difficiles. Je demande la constitution d’une commission d’enquête indépendante pluridisciplinaire pour établir la réalité des faits. Je suis heureux d’apprendre que telle est aussi votre position, et que vous l’aviez exprimée à France 2, quand vous les aviez vus avec David Harris. Quoi qu’il en soit, je trouve intolérable et irresponsable la campagne de dénigrement menée en jetant votre nom en pature.


Richard Prasquier

Président du Crif

Définition de l'antisémitisme

Ce document a pour but de fournir un guide pratique permettant d'identifier les incidents à caractère antisémite, de rassembler des données et d'encourager la mise en oeuvre et le renforcement de la législation contre l'antisémitisme.

Définition de travail: "L'antisémitisme est une certaine perception des juifs, pouvant s'exprimer par de la haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l'antisémitisme sont dirigées contre des individus juifs ou non-juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et contre les institutions religieuses juives."

En outre, l'Etat d'Israël, perçu comme une collectivité juive, peut aussi être la cible de ces attaques. Dans les affirmations antisémites, il est fréquent que les juifs soient accusés de conspiration contre l'humanité. Ce type d'accusation est souvent utilisé pour rendre responsables les juifs de "tout ce qui va mal". L'antisémitisme peut être exprimé par le biais de discours, d'écrits, de formes visuelles et d'actions, et fait appel à des stéréotypes sinistres et des traits de caractère négatifs.

Exemples actuels non exhaustifs d'attitudes antisémites dans la vie publique, les médias, les écoles, au travail et dans la sphère religieuse:

  • Appeler à tuer et à faire souffrir les juifs, de même que soutenir ou justifier ces exhortations, au nom d'une idéologie radicale ou d'une vision religieuse extrémiste.

  • Faire des allégations mensongères, déshumanisantes, diabolisantes ou stéréotypées sur les juifs en tant que tels ou sur le pouvoir des juifs en tant que collectivité --par exemple les mythes sur une conspiration mondiale juive ou sur les juifs contrôlant les médias, l'économie, le gouvernement ou les autres institutions de la société--.

  • Accuser les juifs en tant que peuple d'être responsables des méfaits réels ou imaginaires commis par une seule personne juive ou un seul groupe juif, ou même d'actes commis par des non-juifs.

  • Nier le fait, l'objectif, les mécanismes (par ex: les chambres à gaz) ou l'intention du génocide à l'encontre du peuple juif par l'Allemagne national-socialiste, ses défenseurs et ses complices au cours de la Seconde Guerre Mondiale (l'Holocauste).

  • Accuser les juifs en tant que peuple, ou Israël en tant qu'Etat, d'inventer ou d'exagérer l'Holocauste.

  • Accuser les citoyens juifs d'être plus loyaux à l'égard d'Israël, ou de priorités juives supposées dans le monde, au détriment des intérêts de leurs propres nations.

Exemples non exhaustifs de réflexions antisémites en rapport avec l'Etat d'Israël:

  • Nier au peuple juif le droit à l'autodétermination, en prétendant par exemple que l'existence de l'Etat d'Israël est une entreprise raciste.

  • Faire preuve d'une double morale en exigeant d'Israël un comportement qui n'est attendu ni requis d'aucun autre pays démocratique.

  • Utiliser des symboles et images associés à l'antisémitisme classique (par ex: l'affirmation que les Juifs ont tué Jésus ou les meurtres rituels) pour caractériser Israël et les Israéliens.

  • Faire des comparaisons entre la politique actuelle israélienne et celle des nazis.

  • Tenir les juifs de manière collective pour responsables des actions de l'Etat d'Israël.

Toutefois, les critiques à l'égard d'Israël comparables à celles exprimées à l'encontre d'autres pays ne peuvent être qualifiée d'antisémites.

Les actes antisémites sont criminels lorsqu'ils sont définis comme tels par la loi (par exemple, la négation de l'Holocauste ou la propagation de documents antisémites dans certains pays).

Les actes criminels sont antisémites quand les cibles des attaques, que ce soient des individus ou des biens -comme des bâtiments, des écoles, des lieux de culte ou des cimetières- sont choisis car ils sont juifs, ou perçus et assimilés comme tels.

La discrimination antisémite est le fait de refuser aux juifs les opportunités ou services disponibles aux autres. Elle est illégale dans de nombreux pays.


source : European Forum on Antisemitism

Rapport de l'AIEA sur l'Iran, mai 2008

Le 28 mai 2008, le Conseil des Gouverneurs de l'AIEA a publié un nouveau rapport sur l'avancée du programme nucléaire iranien, suite à la demande formulée par le Conseil de Sécurité de l'ONU dans ses résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et (2008).

Le texte intégral du rapport est disponible ici:

AJC et le rapprochement franco-américain

L'American Jewish Committee travaille au rapprochement franco-américain. Valérie Hoffenberg revient sur le voyage de parlementaires organisé par AJC-France au Moyen-Orient et sur le déplacement du Président N. Sarkozy à Washington.

Son interview est disponible en vidéo sur cette page.

François Fillon à l'Annual Meeting 2008




François Fillon, Premier Ministre
Richard Sideman, Président, AJC

Diner à la Maison Blanche

Valérie Hoffenberg, Directrice, AJC France
Nicolas Sarkozy, Président de la République

Voyage d'AJC France au Moyen Orient 1/4 - 2007


De gauche à droite :
Christophe Guilloteau, Député du Rhône
Michel Grall, Député du Morbihan
Shimon Peres, Président de l'Etat d'Israël
Valérie Hoffenberg, Directrice, AJC France
Claude Goasguen, Député de Paris, Président du groupe d'amitié France Israël
Haïm Musicant, Directeur exécutif, CRIF

Interview Valérie Hoffenberg AJC

En mai 2007, Valérie Hoffenberg a été interviewée par l'American Jewish Committee. Vous pouvez retrouver la vidéo ici.

La première radiodiffusion juive sur le sol nazi, 1944

Voici la première radiodiffusion juive sur le sol nazi à la fin de la seconde guerre mondiale en 1944. Le rabbin Lefkovich dirigea une prière à Aachen retransmise par la NBC en collaboration avec l'American Jewish Committee.

Un document exceptionnel accessible ici.

Discours David Harris à l'Assemblée Nationale, avril 2005

Déclaration de M. David A. Harris Directeur Exécutif de l'American Jewish Committee devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale

Paris, le 14 avril 2005

Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Députés membres de la Commission des Affaires étrangères :

Je suis très honoré de l'occasion qui m'est offerte aujourd'hui de m'exprimer devant vous. Je vous remercie vivement de votre invitation.

En ma compagnie se trouve une délégation de l'American Jewish Committee qui vient de visiter plusieurs capitales européennes dans le but d'approfondir et d'étendre le dialogue transatlantique.

En préambule, permettez-moi de dire quelques mots sur l'American Jewish Committee.

Notre organisation a été créée voici y a près d'un siècle en réponse aux pogromes qui sévissaient alors contre les Juifs d'Europe de l'Est. Dès le début, l'AJC a poursuivi deux buts complémentaires. Le premier était d'assurer la sécurité des communautés juives, tant dans le monde qu'aux États-Unis, et de leur porter assistance. Le second, directement inspiré de la tradition prophétique du judaïsme, était d'apporter notre contribution au bon fonctionnement politique et social des sociétés où nous vivons.

En conséquence, durant tout le vingtième siècle et jusqu'à aujourd'hui, notre institution s'est impliquée profondément dans le combat pour défendre et étendre les droits de l'homme, les libertés individuelles, et la dignité de la personne humaine.

Ce faisant, nous avons puisé aux sources des valeurs les plus pérennes de la Révolution française. Nous n'avons pas oublié que la France, quand elle s'est tournée vers la démocratie, n'a pas hésité à accorder aux Juifs la pleine citoyenneté, donnant ainsi l'exemple au reste du monde.

Il n'est donc pas surprenant que nous nous placions fermement du côté d'un monde pluraliste, fondé sur des valeurs démocratiques de respect et de tolérance mutuels.

Mais nous nous trouvons engagés dans une course contre la montre.

D'une part se tiennent tout ceux qui veulent construire un monde harmonieux, dans lequel le développement politique, économique, technologique et social progresse tant au sein des nations qu'à travers des frontières de plus en plus ouvertes.

Mais de l'autre se trouvent ceux qui usent de la violence, en particulier au nom de la religion, pour nous maintenir dans un état de tension permanente. Si l'on peut dire que les conflits du vingtième siècle ont été largement le résultat de causes idéologiques, je crains bien que ceux du siècle présent ne soient eux causés par la religion, ou plus exactement par les abus de celle-ci.

Le professeur Samuel Huntington de Harvard a écrit un livre fameusement controversé, "Le Choc des civilisations". Je comprends ses raisons de choisir ce titre, mais je pense qu'il aurait été plus approprié de parler du "Choc dans les civilisations".

Car les lignes de faille ne se trouvent-elles pas, en réalité, au cœur même de certaines civilisations religieuses? Les membres de tel ou tel groupe rejetteront ainsi la validité d'autres croyances; se targueront d'un lien exclusif à un Être suprême; insisteront sur la centralité de la religion dans l'exercice du pouvoir de l'État; et justifieront ainsi l'emploi de la violence dans l'accomplissement de leur vision. Mais dans le même groupe, on trouvera aussi d'autre membres qui eux respectent la foi d'autrui tout en adhérant à la leur; qui considèrent que la religion est une affaire de conscience individuelle et non de politique étatique; et qui n'ont nul besoin de dénier à autrui ses convictions dans le seul but de mieux affirmer les leurs.

Ce qui rend cette question particulièrement urgente, c'est la réalité indéniable de notre entrée dans une ère d'accès facile aux armes de destruction massives pour tous ceux qui sont déterminés à imposer leurs vues obscurantistes. Nous avons déjà fait l'expérience des extrémités auxquelles de telles forces sont prêtes à aller. Il faudrait un défaut total d'imagination pour ne pas envisager les dangereuses éventualités qui menacent notre avenir immédiat.

C'est précisément pourquoi nous nous trouvons dans une course contre la montre, aux enjeux exorbitants.

A l'American Jewish Committee, nous sommes convaincus qu'il n'existe pas de façon simple, encore moins unique, de faire face aux défis qui nous attendent. Aucun individu, aucune nation n'a de monopole de la sagesse en ce domaine. En tant qu'hommes de bonne volonté, nous devons être à l'écoute les uns des autres, avec des oreilles et un esprit ouverts; et ainsi apprendre les uns des autres. Néanmoins, certaines choses nous semblent évidentes.

Les démocraties de la Terre ont créé quelque chose qui vaut la peine d'être défendu.

Pierre Mendès-France écrivait dans "La République moderne", “La démocratie est d’abord un état d’esprit.” Il avait évidemment raison.

Certains ont peut-être cédé à un tel relativisme moral et culturel qu'ils s'en trouvent aujourd'hui incapables de distinguer entre la liberté et la tyrannie, entre une société ouverte et une société d'oppression. D'autres sont en proie à une telle culpabilité, un tel embarras du confort qui est le leur au sein de nos nations démocratiques, qu'ils en sont poussés à idéaliser chaque société et chaque dirigeant qui s'opposent radicalement aux nôtres. Nous devons nous garder de céder ni à l'une, ni à l'autre de ces tentations.

Il est inacceptable que dans une société libre, des élus de la représentation nationale doivent vivre dans la clandestinité; ou que des femmes soient traitées en inférieures; ou que des professeurs en viennent à craindre d'enseigner certaines matières dans leurs classes; ou que des responsables religieux puissent prêcher la violence contre les sociétés mêmes dans lesquelles ils vivent; ou que des individus exigent de l'État un respect alors qu'ils sont incapables de reconnaître leurs propres obligations à la société; ou que n'importe quelle communauté puisse être désignée du doigt et attaquée à cause de sa religion, de son appartenance ethnique, de sa race ou de toute caractéristique distinctive.

La démocratie, quelles que soient ses imperfections, a libéré le potentiel de l'être humain comme nul autre système. Elle a apporté la démonstration éclatante que la liberté et la dignité sont indivisibles pour tous les membres de la race humaine. Et quand il arrive à la démocratie de faillir, elle a ses propres mécanismes de correction. Enfin, oui, la démocratie a construit de larges régions de paix et de prospérité sur la planète.

Parmi ces vastes régions, le développement de l'Europe de l'après-guerre se distingue particulièrement. L'évolution de l'Union européenne, depuis le rêve de Robert Schuman et de Jean Monnet jusqu'à sa réalité actuelle, est extraordinaire. La guerre est aujourd'hui impensable entre les nations membres de l'Union. Vous avez montré au monde ce que l'on peut réussir quand des hommes d'État ont la vision et le courage nécessaires pour dépasser la gestion quotidienne et élever leur regard vers de plus larges horizons. En conséquence, vous avez beaucoup à partager avec d'autres régions du monde, voisines ou éloignées, qui pourraient bénéficier d'expériences d'une audace comparable.

Ainsi que l'Europe l'a prouvé au cours des cinquante-cinq dernières années, nous augmentons d'autant nos chances de succès devant les défis planétaires que nos nations démocratiques savent travailler à l'unisson, et non dans la cacophonie. Il est bien évident que les intérêts nationaux et régionaux ne convergent pas toujours exactement – comment en serait-il d'ailleurs autrement? – mais nous ne devrions jamais perdre de vue les plus larges enjeux. Nos adversaires communs tirent seuls avantage de nos divisions et de notre discorde. Inversement, quand nous sommes unis face à nos objectifs, il n'est pas de limite à ce que nous pouvons réussir.

Il y a des moments où aucune alternative n'existe à l'usage de la force, comme par exemple pour notre action commune en 1991 en expulsant l'armée irakienne de son occupation éhontée du Koweït, ou, plus récemment, en libérant l'Afghanistan de l'emprise des Talibans, mettant ainsi fin à son rôle de premier sanctuaire terroriste de la planète. La force doit toujours être le recours ultime, mais il vient des moments où elle devient inévitable, car l'alternative est encore moins acceptable. Si les ennemis de nos modes de vie et de nos systèmes de valeurs communs nous estiment faibles, irrésolus, ou indécis, ils n'hésiteront pas à nous défier, et nous paierons alors un lourd tribut.

A d'autres moment, la persuasion diplomatique peut être plus adaptée que la puissance militaire; mais là encore, l'élément essentiel est l'unité. Lorsque le Conseil de Sécurité des Nations unies, mené par la France et les États-Unis, parle d'une seule voix en demandant à la Syrie de mettre fin, une fois pour toutes, à la présence de son armée et de ses services spéciaux au Liban, il semble que cela soit suivi d'effet.

Nus devons aussi, enfin, encourager de façon constante et soutenue le développement politique, social et économique des pays qui ont peiné à mettre derrière eux l'héritage du colonialisme, ou sont victimes de corruption endémique, ou de gouvernements autocratiques, ou de carences de l'attention et du soutien des pays développés, ou de l'addition de plusieurs de ces facteurs.

Permettez-moi de dire que si le développement de ces pays est dans leur propre intérêt, il n'en est pas moins du nôtre. Mais nous n'y parviendrons que si, tels les grands hommes d'État de l'après-guerre, nous savons penser avec audace et agir collectivement, et si nous résistons à la tentation de ne penser qu'à court terme, à ne voir que les avantages immédiats à accepter le statu quo.

Certains aujourd'hui mettent en doute la valeur du partenariat transatlantique, ou d'ailleurs expriment leur profond scepticisme quant à l'avenir de la relation franco-américaine. Ceux d'entre nous qui, des deux côtés de l'Atlantique, croient en ce lien – et pas uniquement pour des raisons de nostalgie historique, encore qu'il existe une histoire riche de signification entre nos deux pays – doivent aujourd'hui se dresser et se faire entendre.

L'American Jewish Committee est à cet égard un partisan convaincu de ce partenariat. On nous traitera peut-être de naïfs, déconnectés de la réalité. Tant pis. Nous continuerons à élever la voix en faveur des liens les plus étroits possibles entre l'Europe et les États-Unis, au service des plus hauts intérêts d'un monde en paix, et en tant que meilleurs garants de la construction d'une planète démocratique, ouverte, et prospère.

C'est précisément dans ce but que, voici juste un peu plus d'un an, en présence de Javier Solana, d'Ana Palacio, de Noëlle Lenoir, et de bien d'autres personnalités européennes représentant tant l'Union européenne que ses gouvernements nationaux; l'AJC a ouvert l' Institut Transatlantique à Bruxelles. Nous voulions démontrer concrètement qu'à ce moment critique de l'histoire, nous savions reconnaître les périls menaçants de la dérive et de la discorde – et que nous acceptions notre obligation d'aider à préserver le front des démocraties.

Nous n'ignorons pas que des divergences se sont déjà manifestées par le passé entre nos deux continents. Considérons un instant ce commentaire extrait d'un compte rendu, pour la revue Commentary (revue publiée sous les auspices de l'American Jewish Committee) de l'ouvrage de Luigi Barzini, "Les Européens": "L'Alliance atlantique est-elle menacée d'explosion? Les signes sont certainement inquiétants. Impossibilité pour l'instant de parvenir à une politique de défense commune... Discorde continuelle sur les questions monétaires. Hors de la zone atlantique propre, dans des régions cruciales comme le Moyen-Orient, les alliés supposés se contrecarrent en réalité plus souvent qu'ils ne s'épaulent... Les États-Unis, selon les Européens, mènent leur politique étrangère de façon impulsive et imprévisible... Du point de vue américain, les Européens rechignent à assumer leur part du fardeau commun, et sont trop enclins à dépenser leurs budgets en mesures sociales de solidarité plutôt que sur la défense." La date de l'article? 1983.

Les optimistes diront que, en dépit des divergences, l'alliance a largement tenu le coup, survivant même à la fin de la Guerre froide. Les pessimistes rétorqueront: "Plus ça change, et plus c’est la même chose." En fin de compte, je me range du côté des optimistes.

Nous sommes bien conscients qu'il y a eu de sérieuses divergences de vues sur une série de questions ces dernières années, y compris le conflit israélo-arabe. Tout en partageant l'objectif d'une solution pacifique du conflit fondée sur la coexistence de deux États indépendants, nous ne saurions nous cacher l'existence de tensions, encore qu'il me semble raisonnable d'espérer que ces tensions se sont trouvées réduites lors des mois écoulés. De fait, la mort de Yasser Arafat et l'élection de Mahmoud Abbas en tant que président de l'Autorité palestinienne ont ouvert une fenêtre d'opportunité. Il nous semble aussi que s'est trouvé révélé, par contraste, l'échec total de l'ère Arafat, au cours de laquelle Israël comme les États-Unis se sont convaincus qu'il n'était pas possible de faire la paix sans l'avènement d'un nouveau leadership palestinien – alors que d'autres, dont la France, tenaient un raisonnement différent.

Nous sommes profondément convaincus qu'aucune nation ne recherche la paix avec plus d'ardeur qu'Israël, et qu'aucune nation n'a pris plus de risques tangibles pour parvenir à la paix avec ses voisins qu'Israël. Et nous sommes bien conscients qu'il faut être deux pour faire la paix.

Lorsqu'un véritable partenaire pour la paix s'est matérialisé, comme dans le cas de l'Égypte et de la Jordanie, la paix avec Israël est devenue une réalité. Et si demain un partenaire de bonne volonté émerge au sein l'Autorité palestinienne, rôle que nous espérons vivement voir tenu par le président Abbas, la paix deviendra à nouveau réalité. Mais nous ne devons pas nous laisser tenter de prendre nos désirs pour des réalités. Il faut savoir rester conscients des faits objectifs. Nous verrons avec le temps si le président Abbas a non seulement la volonté, mais aussi la capacité de maintenir son autorité, tout particulièrement sur les factions extrémistes et armées palestiniennes. Si c'est le cas, alors il y aura de véritables raisons d'espérer pour l'avenir des Israéliens comme des Palestiniens.

Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les membres de la Commission :

Je m'adresse à vous en tant que fils des États-Unis et petit-fils de l'Europe, tout particulièrement de la France. Mes parents, nés sous d'autres cieux, trouvèrent tous les deux refuge en France, ma mère chassée par le communisme, mon père par le nazisme. Leur seule langue commune était le français. Comme tous les autres membres de ma famille, ils s'adaptèrent rapidement aux valeurs républicaines de votre grand pays. Ils accueillirent la France tout comme la France les avait accueillis.

Puis vinrent la guerre, l'invasion, l'Occupation, le régime de Vichy, les rafles et les déportations, la fuite, et la Résistance. À la fin de ces épreuves, ma famille, dont la plupart des membres avaient heureusement survécu, se trouvaient parsemée en France, aux États-Unis, et dans ce qui allait devenir Israël.

Bien qu'éparpillés entre ces trois pays, il s'estimaient tous heureux. Après tout, ils vivaient dans des nations démocratiques, liées par un engagement commun aux valeurs fondamentales qui leur permettaient, à eux et à leurs concitoyens, de prospérer enfin dans un climat délivré de l'ombre inquiétante de la persécution – et cela même si Israël devait faire face à des menaces à son existence même de la part de voisins hostiles, tout comme c'est encore le cas de la part de l'Iran et de groupes terroristes comme le Hezbollah, le Hamas et la Jihad Islamique.

Mais aujourd'hui, de nouvelles ombres se profilent, propres à nous préoccuper. En particulier, l'accroissement d'incidents de violences antisémites, tant verbales que physiques, certes non limité à un seul pays, mais très marqué en France, fait réfléchir. Le sentiment croissant d'insécurité pour ces motifs est malheureusement confirmé par les statistiques officielles, qui indiquent que l'on a atteint le chiffre le plus élevé d'incidents antisémites jamais comptabilisés en France depuis 1990, date à laquelle leur recensement a commencé. Et ce sentiment est renforcé par maintes conversations avec des personnes qui se sont trouvées être directement l'objet d'intimidations, de violences verbales ou physiques.

Quelle qu'en soit la source, qu'il s'agisse d'extrémistes islamistes qui parlent une langue génocidaire; ou d'antisionistes qui cherchent à dénier au peuple juif, et à lui seul, son droit à l'autodétermination, dans le but de faire de notre planète, selon l'expression de l'ancien vice-Premier Ministre suédois Per Ahlmark, un monde “Judenstadtrein,” nettoyé de son État juif; ou encore de l'extrême-droite qui retrouve ses démons habituels en qualifiant les Juifs, une fois de plus, de "cosmopolites", de "sinistre cabale", ou de "sous-hommes"; ou encore de négationnistes qui espèrent banaliser ou faire disparaître la mémoire de la Shoah et comptent sur la disparition progressive des survivants pour capturer l'esprit des jeunes générations; ou de ceux dont l'obsession anti-israélienne atteint de tels sommets qu'ils ne peuvent plus dépeindre l'État hébreu ou ses partisans qu'en termes suant une haine grotesque, la menace est bien réelle.

Et si l'on considère la disponibilité des nouvelles technologies, chaînes par satellite, Internet, tout ceci dans un environnement aux frontières de plus en plus poreuses, force est de constater que ce qui constituait encore récemment une série de problèmes nationaux s'est transformé en question transnationale, nécessitant une coopération internationale renforcée.

Grâce aux visites répétées que nous avons effectuées, grâce à nos rencontres tant avec des représentant officiels qu'avec des dirigeants des institutions juives, grâce enfin au rétablissement d'une présence permanente ici, nous sommes tout à fait au courant des mesures prises par la France ces dernières années, sous la direction du président Chirac et du Premier Ministre, Monsieur Raffarin, ainsi que par d'autres pays européens et par l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, afin de faire face à ces problèmes grandissants. Nous apprécions à leur juste valeur ces efforts, y compris la décision d'interdire les émissions racistes et incendiaires d'au moins deux stations de télévision provenant du Moyen-Orient. De telles mesures sont nécessaires, tout à la fois pour protéger les communautés juives des dangers qui les assaillent, et pour défendre nos sociétés du risque très réel que ce qui a commencé par de l'antisémitisme devienne très vite un assaut concerté contre toutes les valeurs qui fondent ces sociétés. N'oublions jamais que l'antisémitisme commence certes avec les Juifs, mais que l'histoire nous a enseigné qu'il ne s'arrête jamais seulement aux Juifs.

Nous vous encourageons instamment à poursuivre avec vigueur votre lutte contre l'antisémitisme, que ce soit dans le système scolaire, dans les rues, dans les média, ou à tout endroit où la bête immonde relèverait la tête. Nous ne savons que trop bien que ce genre de combat n'est gagné ni facilement, ni rapidement, mais nous comptons beaucoup sur le fait que la France a bien compris l'importance des enjeux, et a la volonté de persévérer.

Pour notre part, nous sommes prêts à vous aider si vous nous le demandez. Nous avons près d'un siècle d'expérience dans la lutte contre l'antisémitisme et contre toutes les discriminations, chez nous comme au niveau international, ce qui nous a donné l'occasion de comprendre quelles approches politiques, civiques, légales, policières, éducatives et autres ont le plus (et le moins) de chances de succès.

Il s'agit ici d'une autre et plus large débat. Cependant, permettez-moi de mentionner deux éléments de base que nous avons appris au cours de notre travail de lutte contre l'antisémitisme.

D'abord, il est absolument essentiel que les dirigeant politiques se fassent entendre. Ils doivent manifester une fermeté absolue, tant en paroles qu'en actes. Nul ne doit douter un seul instant de leur détermination à se dresser contre l'antisémitisme.

Ensuite, tout exemple recensé d'incident antisémite ne doit jamais être nié; son traitement ne doit faire l'objet d'aucun délai et d'aucune manœuvre dilatoire, visant par exemple à le classifier différemment. Je dois dire à cet égard que mon expérience personnelle des réactions de certains officiels en France durant les années 2000 et 2001 m'avait causé une certaine déception. Pour des raisons que je ne chercherai pas à élucider, ils ne saisissaient pas du tout la signification de ce qui était en train de se passer, tandis que les délinquants se persuadaient en revanche de leur impunité, et que les victimes se sentaient abandonnées à la peur. Les changements que nous avons constatés dans la reconnaissance officielle de la nature et de la gravité de ce problème – la menace très réelle aux citoyens français juifs et à la France elle-même – sont très frappants, et nous les apprécions à leur juste valeur.

Enfin, permettez-moi de dire à quel point je considère important le dialogue entre nos deux pays, et entre la France et la communauté juive américaine Ayant participé à ce dialogue depuis de nombreuses années, je peux témoigner personnellement de sa portée.

Soyez assurés qu'à l'American Jewish Committee, nous sommes fermement engagés à élargir et à renforcer les points de contact entre nous. Nous considérons qu'il est vital de créer un plus grand nombre d'occasions d'approfondir notre compréhension mutuelle, d'explorer les questions sur lesquelles nous divergeons, et de déterminer les domaines dans lesquels nous pouvons coopérer mutuellement.

Nous continuerons aussi à aider le public américain à comprendre que nous avons nous-mêmes intérêt à votre succès dans les défis auxquels vous faites face, et à renforcer le plus possible les liens entre Paris et Washington.

Prononçant ces paroles, je me rends bien compte, comme j'y ai fait allusion il y a quelques instants, qu'il existe un fossé entre les perceptions respectives de la France et des États-Unis. Ceci est tout aussi vrai des perceptions entre la France et la communauté juive américaine. Du point de vue des Juifs américains, si l'on en croit nos sondages nationaux, le sentiment général est que la France, de tous les grands pays européens, est celui qui a l'attitude la plus glaciale à l'égard d'Israël. De plus, les mêmes sondages révèlent c'est la France que l'on considère comme étant le foyer d'antisémitisme le plus virulent d'Europe.

Ces questions, comme d'autres encore, qui vont de la façon de traiter le Hezbollah à la réponse la plus appropriée devant l'appétit nucléaire de l'Iran, seront assurément le mieux traitées au cours d'une discussion franche et ouverte, comme il sied à des amis.

Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Députés membres de la Commission des Affaires étrangères, permettez-moi de conclure en vous exprimant toute mon appréciation de l'honneur que vous m'avez fait en m'invitant ici aujourd'hui. Soyez assurés de mon admiration pour le remarquable travail que vous avez entrepris, et de mon espoir que l'amitié sera toujours la note dominante des relations entre nos deux pays.

Date 20/7/2005

AJC à Matignon avec F. Fillon

Jason F. Isaacson, Directeur de l'Office of Government and International Affairs, AJC
Valérie Hoffenberg, Directrice, AJC France
François Fillon, Premier Ministre
David Harris, Directeur Exécutif, AJC

Biographie Synthétique V. Hoffenberg [FR]


Valerie Hoffenberg a été nommée directrice de l’AJC –France en 2004.

Devenue avocate après des études de sciences politiques et de communication, Valérie a toujours été très impliquée dans la communauté juive française. Membre de l’AUJF, elle est vice-présidente de l’association franco-israélienne de soutien aux victimes des actes de terrorisme. Elle a rejoint l’AJC dans le but de tisser des liens entre la France et les Etats-Unis pour soutenir Israël et fournir aux Juifs de France le soutien de l’AJC dans leur lutte contre l’antisémitisme.

AJC est aujourd’hui le plus important partenaire international du gouvernement français pour le judaïsme et joue un rôle d’intermédiaire auprès de nombreux élus français pour leurs contacts américains. Grâce à son expertise approfondie du Moyen-Orient, son réseau international, son engagement constant contre l’antisémitisme et pour la défense des droits de l’Homme et du pluralisme démocratique, AJC est devenue la plus respectée et la plus efficace des organisations juives américaines en France.

Valérie habite Paris avec son mari et ses trois enfants.

Revue de Presse- François Fillon à l'Annual Meeting AJC 2008

PRESS REVIEW – French newspapers

Prime Minister Fillon,

AJC Annual Meeting Guest of Honor

-> L’Express

-> Le Figaro

-> Libération

-> Le Monde

-> Le Parisien

Fillon à Washington pour parler économie

L'Express, le 01/05/2008

Durant sa visite de deux jours, jeudi et vendredi, le chef du gouvernement français devrait notamment évoquer la crise financière née aux Etats-Unis avec le patron de la Banque centrale américain (Fed), Ben Bernanke, et le secrétaire au Trésor, Henry Paulson.

François Fillon, qui multiplie les déplacements à l'étranger, sera jeudi et vendredi à Washington, pour une "visite de travail" portant principalement sur les questions économiques.

D'abord motivé par le 102e dîner de gala du comité des Américains juifs (American Jewish Committee, AJC) dont il est jeudi l'invité d'honneur, ce déplacement sera l'occasion pour le Premier ministre de rencontrer vendredi le patron de la Banque centrale américain (Fed), Ben Bernanke, et le secrétaire au Trésor, Henry Paulson.

Fillon devrait notamment évoquer avec eux la crise financière née aux Etats-Unis et le ralentissement économique qui en découle, indique-t-on à Matignon, avec un échange de vue sur les "politiques respectives" des deux pays pour la contrecarrer.

Le gouvernement de George W. Bush a lancé un vaste plan de relance de 168 milliards de dollars et la Fed a multiplié les baisses de taux.

Dans l'entourage de Fillon, on estime qu'on "pourrait se trouver à un tournant dans la crise financière" grâce "à une réponse suffisamment rapide" des Etats-Unis évitant ainsi une récession en Europe, alors même que M. Bernanke avait évoqué début avril une telle éventualité pour son pays.

"Le sentiment qui domine, souligne cette même source, c'est que le pire est passé; maintenant c'est la longueur de la purge qui reste une inconnue".

Au menu des discussions également: le taux de change euro-dollar, avec une monnaie européenne qui a atteint un pic à plus d'1,60 dollar, pénalisant les exportations européennes.

François Fillon, qui sera accompagné des ministres de l'Economie Christine Lagarde et de l'agriculture Michel Barnier, s'entretiendra avec le patron du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, dont les prévisions pour la France (1,4% de croissance cette année) ont été jugées "exagérément pessimistes" par Paris.

Le premier ministre devrait également s'attacher à faire la promotion des réformes économiques entreprises depuis un an devant 11 chefs d'entreprise américains de la finance et de l'industrie, parmi lesquels Patricia Russo à la tête du groupe franco-américain Alcatel Lucent, qui sont tous de "gros investisseurs en France".

Au dîner de l'AJC, François Fillon prononcera un discours sur la "vision française de la mondialisation". Alors que cette année coïncide avec le 60e anniversaire de la création d'Israël, le Premier ministre devrait également évoquer les relations franco-israéliennes ainsi que la lutte contre l'antisémitisme en France.

Fillon multiplie ces derniers temps les voyages à l'étranger. Il sera la semaine prochaine à Malte et Chypre pour préparer la présidence française de l'UE.

Le 16 mai, il représentera le chef de l'Etat à Lima pour un sommet UE-Amérique latine. Un voyage express imposé par l'Elysée qui ne ravit pas Matignon où l'on fait remarquer que l'agenda du Premier ministre n'est pas extensible.

Fillon invite les Français à conjurer leur inquiétude

à Washington, Bruno Jeudy, 02/05/2008 | LE FIGARO

«Nos fondamentaux sont sains, mais la zone euro ne peut pas supporter ­seule le poids de l'ajustement de toutes les monnaies», a souligné François Fillon durant sa visite à Washington.

Le premier ministre a rencontré hier le gotha financier américain pour évoquer la crise internationale.

François Fillon l'admet tout net, la crise économique et financière américaine coûte des «demi-points de croissance» à la France et à la zone euro. Hier, au terme de ses rencontres avec le président de la banque centrale américaine (Ben Bernanke), le secrétaire au Trésor (Henry Paulson) et le directeur général du FMI (Dominique Strauss-Kahn), le premier ministre a dressé un tableau ni alarmiste ni optimiste de l'économie : «La France est dans une situation intermédiaire. Nos fondamentaux sont sains, mais la zone euro ne peut pas supporter ­seule le poids de l'ajustement de ­toutes les monnaies», a-t-il averti, en citant le dollar et le yuan.

Le pire est-il derrière nous ? Il s'est bien gardé d'émettre un pronostic sur la durée de la crise. Mais interrogé sur les prévisions économiques françaises jugées «exagérément optimistes» par le FMI, il a maintenu son espoir de voir la croissance en 2008 s'établir entre «1,7 et 2 %».«Les Français ne doivent pas être plus inquiets que cela. Le premier trimestre sera meilleur que prévu. Le deuxième plus difficile», a-t-il prévenu en comptant sur les effets de la loi de modernisation de l'économie approuvée cette semaine en Conseil des ministres.

La veille, le premier ministre avait placé sa visite à Washington dans la prolongation de celle du président de la République venu en octobre 2007 défendre une «France en mouvement». Invité d'honneur du 102e gala annuel de l'American Jewish Committee (AJC), Fillon n'a pas craint de prononcer son discours en anglais. Un défi apprécié par ce prestigieux auditoire qui a souvent reçu Nicolas Sarkozy.

Pour une «alliance solide»

Durant une trentaine de minutes, le premier ministre a plaidé pour une «alliance solide» entre les États-Unis et la France. Si l'accent n'était pas toujours parfait «mon anglais reste… très français» le chef du gouvernement a délivré dans un propos aux tonalités très présidentielles sa vision de la mondialisation. «La mondialisation, a-t-il martelé, a besoin d'être poli­tiquement organisée, économiquement régulée, socialement partagée et écologiquement maîtrisée.» Revenant sur la crise du subprime et ses conséquences sur les banques, il a mis en garde contre cette «évolution désordonnée des marchés».

S'il a mis la pression sur les autorités américaines en matière d'écologie et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, Fillon ne s'est pas départi de la ligne atlantiste définie par Sarkozy. Et souligné les convergences de vues entre les deux pays sur l'Afghanistan, l'Iran et plus globalement la lutte contre «al-Qaida et ses complices». Mais il n'a pas dit un mot sur la situation en Irak.

Évoquant «l'horreur du 11 septembre 2001», le premier ministre a eu cette phrase : «Ce qui est arrivé à New York et à Washington aurait pu, et pourrait toujours, arriver à Paris.» À propos de l'Iran, il a jugé ses dirigeants «inquiétants».

Ému, il a achevé son discours en évoquant la déportation de Simone Veil. En soulignant la chaleur des applaudissements, David Harris, di­recteur exécutif de l'AJC, l'a féli­cité : «Si ça ne marche pas en France pour vous, sachez que vous pourrez avoir une deuxième carrière ici.»


Aux Etats-Unis, Fillon dans les pas de Sarkozy

LIBERATION vendredi 2 mai 2008

Le Premier ministre français a plaidé pour une «alliance solide» entre Washington et Paris. Ce vendredi, il rencontrera le patron de la Banque centrale américaine, Ben Bernanke.

Le Premier ministre François Fillon, au premier jour de sa visite à Washington, a prôné jeudi soir une "alliance solide" entre les Etats-Unis et la France pour "faire face aux désordres du monde" notamment dans le contexte actuel de ralentissement économique.

Le chef du gouvernement français s'est exprimé à l'occasion du dîner de gala annuel de l'American Jewish Committee (AJC), l'une des principales organisations de défense de la communauté juive américaine, dont il est l'invité d'honneur.

"Plus que jamais, les désordres du monde réclament une alliance solide entre nos deux nations", a affirmé le chef du gouvernement dans un discours en anglais devant plus de 1.000 personnes.

"Si vous et nous oscillons entre l'amitié absolue et la querelle épisodique c'est parce que nous sommes fondamentalement attirés l'un par l'autre", a également dit M. Fillon qui est accompagné de la ministre de l'Economie Christine Lagarde et du ministre de l'agriculture Michel Barnier.

Cette "alliance solide" doit notamment se traduire, a souligné M. Fillon, dans le domaine économique, au moment où la crise américaine des subprimes se répercute en Europe. Le Premier ministre a mis en avant "le besoin d'une réaction coordonnée et un effort pour améliorer la régulation et la transparence".

M. Fillon a couplé cette intervention devant l'AJC avec une "visite de travail" qui le conduira à rencontrer vendredi le patron de la Banque centrale américain (Fed), Ben Bernanke, et le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Il s'entretiendra également avec le patron français du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn. Il doit repartir pour Paris vendredi en début de soirée.


François Fillon dispute l'Amérique à Nicolas Sarkozy

LE MONDE | 02.05.08 | Washington, Christophe Jakubyszyn

Nicolas Sarkozy n'a pas le monopole de l'Amérique : François Fillon a profité, jeudi 1er mai, de son premier séjour américain, à Washington, en tant que premier ministre, pour oser la concurrence avec le chef de l'Etat. Devant l'American Jewish Committee (AJC), dont il était l'invité d'honneur pour son 102e Congrès annuel, l'exercice était ambitieux : Nicolas Sarkozy en est un habitué et l'AJC l'a décoré, en novembre 2007, du "Prix de la lumière parmi les nations", au nom de son combat contre le racisme et l'antisémitisme.

Pour tenter de se distinguer, le premier ministre a choisi de s'exprimer en anglais et de glisser dans son discours des anecdotes visant à mettre en valeur ses liens anciens avec l'Amérique : de ses conférences annuelles à l'université de New York à ses rencontres avec Ted Kennedy et le vice-président Bush en 1982.

Sur le plan diplomatique, la marge de manœuvre de M. Fillon est limitée. Dans son discours, il s'est inscrit dans la ligne des récentes positions françaises. A l'Iran, une "grande nation dirigée par des gens inquiétants qui ne doit pas disposer de l'arme nucléaire", M. Fillon a promis, en cas de refus du dialogue, un "isolement croissant : isolement diplomatique, isolement économique, isolement financier".

Sur le conflit israélo-palestinien, le premier ministre a réaffirmé le "droit d'Israël à la sécurité", mais également dénoncé la "poursuite de la colonisation qui met en cause la viabilité du futur Etat palestinien". Il a proposé la participation de la France "à une force internationale qui viendrait en appui aux services de sécurité palestiniens". Sur l'OTAN, M. Fillon a justifié la décision du président français de "faire évoluer" le statut de la France au sein de l'Alliance atlantique par la nécessité de "sortir de l'impasse" qui consiste à opposer la construction de l'Europe de la défense et l'OTAN.

"RISQUE" ÉCONOMIQUE

C'est dans le domaine économique que François Fillon souhaite se faire entendre. Avant de rencontrer, vendredi, les milieux d'affaires et les autorités financières et monétaires, dont le secrétaire d'Etat au Trésor, le président de la Réserve fédérale et le président du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, il a attiré l'attention des Américains sur les déséquilibres de l'économie mondiale : "Clairement, l'excessive volatilité des changes, le niveau élevé de l'euro, l'augmentation du prix des matières premières et les pressions inflationnistes qui en découlent nous placent tous en situation de risque", a-t-il déclaré.

M. Strauss-Kahn ne l'a pas rassuré : "Les prévisions que le FMI a faites pour l'économie française sont en dessous des prévisions que fait le gouvernement", a-t-il dit, ajoutant : "La vision du FMI sur les trimestres qui viennent n'est pas très positive pour les Etats-Unis, avec des conséquences bien entendu sur l'Europe, pas particulièrement la France, mais sur tous les pays européens".


Fillon à Washington

Le Parisien, mercredi 23 avril 2008, 11h09

Le Premier ministre François Fillon se rendra les 1er et 2 mai à Washington, où il s'entretiendra notamment avec le patron de la Fed, Ben Bernanke, et le secrétaire au Trésor Henry Paulson.

M. Fillon sera par ailleurs l'invité d'honneur du 102e dîner annuel du comité des Américains juifs (American Jewish Committee, AJC), l'une des principales organisations de défense des juifs aux Etats-Unis.

Selon un communiqué de Matignon, il aura, vendredi 2 mai, une réunion avec «des présidents de groupes américains de la finance et de l'industrie».

Il enchaînera avec un déjeuner de travail avec Ben Bernanke, président de la Banque centrale américaine (Fed), puis avec un entretien avec Henry Paulson et enfin une rencontre avec le Français Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

La ministre de l'Economie Christine Lagarde avait rencontré le 15 avril à New York de hauts responsables de la finance américaine, qui lui avaient confié leur pessimisme sur la crise financière actuelle.

Dans la soirée du jeudi 1er mai, François Fillon prononcera, au dîner de l'AJC, un discours sur le thème de la «vision mondiale», selon le programme diffusé par cette organisation. L'autre orateur de cette soirée sera Mike Mullen, chef d'état-major des armées des Etats-Unis.

De nombreux autres responsables internationaux sont annoncés au congrès de l'AJC, notamment la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni.